Chercheurs: Jean-Luc Malo MD, Catherine Lemière MD MSc, Manon Labrecque MD MSc, André Cartier MD, Stagiaire post-doctoral: David Miedinger MD.
Préambule et justification: Le syndrome d’irritation bronchique (SIB) est une condition causée par un accident inhalatoire qui peut se produire au travail ou dans l’environnement général. Dans un suivi de cette condition effectué chez 35 sujets qui ont été victimes d’un accident inhalatoire en moyenne dix ans auparavant, nous avons récemment trouvé que 26% des sujets ne démontraient plus d’hyperexcitabilité bronchique à la méthacholine en dépit du fait que tous les participants présentaient encore des symptômes respiratoires asthmatiques (1). Chez les autres, le résultat du test à la méthacholine témoignait d’une hyperexcitabilité en général légère, disproportionnée aux symptômes d’hyperexcitabilité bronchique le plus souvent marqués dont ils se plaignaient (1). Les tests de provocation bronchique nonspécifique sont de deux types: les tests dits directs utilisant la méthacholine ou l’histamine)(2), qui agissent directement sur le muscle bronchique, et les tests indirects (exercice, mannitol, salin hypertonique) qui, par la relâche de différents médiateurs, causent une contraction du muscle lisse bronchique (3). Les stimulus communs qui causent une crise d’asthme (allergènes, air froid, exercice, polluants) agissent indirectement (4). Dans ce cas, l’utilisation du mannitol pour reproduire l’état asthmatique représente un meilleur reflet de la condition que le test à la méthacholine (4). Buts et hypothèses: Comparer la validité diagnostique du test au mannitol et du test à la méthacholine dans le SIB et l’asthme professionnel (AP) avec période de latence. Nous formulons l’hypothèse que le test au mannitol est plus sensible que le test à la méthacholine pour mettre en évidence l’hyperexcitabilité bronchique dans le SIB alors que les deux tests sont équivalents dans l’AP avec période de latence. Sujets et méthodes: De notre banque de données, nous identifierons 20 sujets atteints de SIB et 20 sujets atteints d’AP avec période de latence, encore symptomatiques d’asthme au moins deux ans après l’accident inhalatoire pour le SIB et de la cessation de l’exposition à l’agent sensibilisant dans le cas de l’AP avec période de latence. Dans chaque groupe, dix sujets auront eu un test à la méthacholine normal (CP20 > 16 mg/ml) au préalable. Chaque sujet effectuera deux visites séparées d’un minimum de deux jours et d’un maximum de sept jours. De façon aléatoire et balancée, le test à la méthacholine sera effectué lors de la première visite suivi du test au mannitol à la seconde, et vice-versa. Chaque sujet répondra à un questionnaire ouvert sur la maîtrise de l’asthme qui devra être satisfaisante. De plus, nous demanderons à chaque participant de répondre au questionnaire St-George sur la sévérité de l’asthme et à un questionnaire de qualité de vie. Le test à la méthacholine sera effectué selon le protocole standardisé habituel dans notre laboratoire et le test au mannitol sera aussi fait selon une méthode standardisée (5). Une hyperexcitabilité significative à la méthacholine sera définie comme une CP20 ≤ 16 mg/ml et au mannitol comme une DP15≤ 635 mg (5). Avant chaque visite, les médicaments anti-asthmatiques seront cessés selon les recommandations habituelles. La proportion de sujets réactifs et non réactifs à la méthacholine et au mannitol sera comparée dans le groupe atteints de SIB et dans celui atteint d’AP avec période de latence. Signification des résultats: Si la correspondance de la symptomatologie avec le résultat du test au mannitol est meilleure qu’avec celui à la méthacholine, ce test pourrait être préférable dans l’évaluation des séquelles reliées au SIB.
Budget: Le budget sollicité servira à offrir une compensation financière aux participants et à la couverture salariale d’une assistante de recherche.
Références: 1) Malo JL et al. Am J Respir Crit Care Med 2009. epub 20 février; 2) Leuppi JD et al. Swiss Med Wkly 2002; 132:151; 3) Page S et al. Am J Physiol Lung Cell Mol Physiol 2001; 281:L1313; 4) Porsbjerg C et al. Clin Exp Allergy 2008; 38:43; 5) Anderson SD et al. Am J Respir Crit Care Med 1997; 156:758.