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Validation de questionnaires de symptômes respiratoires pour l’asthme au travail : deux outils pour la surveillance de travailleurs à risque.

 Chercheurs: M Labrecque MD, MSc, D Gautrin PhD et J-L Malo MD, HSCM. 
Partenaires stratégiques : CSST; CSSS Jeanne-Mance 
Étudiant: stagiaire  postdoctoral : Gregory Moullec PhD 

 
Introduction : Un questionnaire court de symptômes respiratoires auto-administré a été utilisé comme outil de dépistage de l’asthme dans le cadre de l’étude de la Communauté Européenne sur la santé respiratoire (ECRHS) http://www.ecrhs.org/. Au Québec, pour le Projet provincial sur les isocyanates dans les ateliers de carrosserie et de peinture (2000-06) dont la CSST était partenaire, Dr Labrecque a développé un questionnaire court pour l’AP regroupant les sept items du questionnaire de l’ECRHS et quatre nouveaux items portant sur les symptômes reliés au travail(1). Le questionnaire court de l’ECRHS a été validé par comparaison avec un diagnostic d’asthme établi par consensus(2), cependant, le questionnaire court pour l’AP n’a pas été validé. Il s’avère important d’effectuer une telle démarche et de pondérer chaque question pour améliorer la sensibilité et la spécificité de cet instrument pour un diagnostic probable d’AP. 
Par ailleurs, plusieurs études épidémiologiques de populations de travailleurs à risque ont développé des questionnaires longs administrés par enquêteur, avec questions fermées, pour documenter les symptômes respiratoires, leur relation avec le travail, et obtenir de l’information détaillée sur l’histoire professionnelle et l’exposition à des contaminants (sensibilisants, irritants). Un questionnaire long a ainsi été adapté par DG et JLM à partir d’instruments existants et de l’expérience clinique pour des études d’apprentis exposés à des agents de haut et de bas poids moléculaire (HPM et BPM)(3-4). À notre connaissance, peu d’études ont été effectuées pour déterminer quelles étaient les questions les plus pertinentes d’un questionnaire long sur les symptômes au travail pour prédire l’AP probable. Il y a un intérêt marqué parmi les chercheurs en asthme au travail de standardiser un tel instrument et de le valider. 
Objectifs : 
1. Construire un score pour chaque item du questionnaire court et valider cet instrument en utilisant des tests objectifs. 
2. Identifier les questions du questionnaire long sur les symptômes respiratoires au travail les plus importantes pour prédire le risque d’AP probable en utilisant comme référence des tests objectifs. 
Démarche : Pour l’objectif 1. Une ou plusieurs entreprises où les travailleurs sont exposés à des agents de HPM sera(seront) sollicitée(s) pour participer à l’étude avec la collaboration du CSSS Jeanne-Mance. La population étudiée comprendra 500 travailleurs –555 questionnaires auto-administrés seront distribués en supposant un taux de réponse de 90%. Les questionnaires complétés seront retournés à l’infirmière responsable de l’entreprise ou par la poste dans une enveloppe timbrée et pré-adressée. Une note au bas du questionnaire mentionne aux participants que s’ils ont coché trois « oui » ou plus, ils font peut-être de l’asthme et peuvent s’adresser à l’infirmière de leur Centre local de santé communautaire (CLSC) pour des renseignements. Tous les sujets qui auront répondu « oui » à trois questions, qu’ils aient ou non contacté leur CLSC, ainsi qu’un nombre égal de sujets choisis au hasard parmi les autres travailleurs (appariés selon l’âge et le sexe) seront invités à passer des tests à l’usine: 1) un test de provocation bronchique à la méthacholine et, 2) des tests cutanés aux allergènes communs et spécifiques au travail. En utilisant les résultats de ces tests objectifs comme référence, des scores seront construits après que chaque item du questionnaire ait été quantifié par procédures statistiques(2). Des scores seuil seront déterminés pour discriminer entre asthmatiques et non asthmatiques (A + AP probable vs non A); et entre présence ou absence d’AP probable (AP probable vs A + non A). Nous estimons que 10% (50) des sujets auront un AP probable selon la définition utilisée dans nos études épidémiologique(4), soit un test à la méthacholine positif –CP20 ≤16mg/ml– et des tests cutanés positifs aux sensibilisants spécifiques au travail –diamètre ≥3mm–; et que 20% (100) auront un asthme commun défini comme un test à la méthacholine positif –CP20 ≤16mg/ml.. 
Pour l’objectif 2. Les données accumulées lors de nos études de cohorte prospectives de 690 apprentis exposés à des agents de HPM seront utilisées (5;6).; elles comprennent les réponses au questionnaire long sur les symptômes au travail ainsi que les résultats des mêmes tests objectifs mentionnés ci-haut : test de provocation à la méthacholine et tests cutanés aux allergènes spécifiques au travail. Dans ces cohortes, 33 nouveaux cas d’AP probable ont été identifiés d’après les critères objectifs mentionnés ci-haut. Ces données seront analysées avec une nouvelle approche pour répondre à l’objectif de réduire le questionnaire aux items les plus pertinents pour déterminer une fonction de risque pour l’AP probable. Le questionnaire long réduit sera validé pour l’issu AP probable comparativement à l’absence d’AP probable. 
Pertinence : Il est bien connu que le pronostic de l’AP est plus favorable si le diagnostic est précoce d’où l’importance de promouvoir la surveillance des travailleurs à risque et d’utiliser des instruments validés. 
Perspectives : Avec la participation de la stagiaire IFS d’origine portoricaine, les questionnaires seront traduits en espagnol et le questionnaire court sera validé dans des populations de travailleurs hispanophones à Puerto Rico. Ceci sera suivi par la traduction et validation dans d’autres langues avec la collaboration de chercheurs à l’étranger dont Dr. M Jaakkola 
Budget: Un total de $20 000. est demandé et sera dédié au salaire d’un(e) assistant(e) de recherche et d’un statisticien. 
Références. 1. Labrecque M. et al.J Occup Environ Med. 2006;48(10) :1093-8. 2 Grassi M et al. J Clin Epidemiol. 2003;56:238. 3. Gautrin et al, AJRCCM, 2008;22(3) :271-5. 4. Vandenplas et al. ERJ, 2005;26(6) :656-63. 5. Gautrin et al. AJRCCM 2000;162(4) :1222-8. 6. Gautrin et al AJRCCM, 2001;163(4) :899-904).